Depuis quelques années, les organisations publiques et privées prennent conscience de l’importance de la révolution des données. On constate également que toutes ces organisations s’appuient sur des systèmes d’information (SI), qu’il s’agisse de la délivrance de services à l’extérieur (qui porte une valeur ajoutée au client, au bénéficiaire ou à l’usager – par exemple pour un organisme public : démarches administratives, mais aussi secours, sécurité publique, éducation, santé, social…) ou qu’il s’agisse de son fonctionnement interne (gestion budgétaire, gestion des ressources humaines). La qualité de service du système d’information (SI) devient critique pour la qualité du service rendu globalement par l’entreprise.
L’information revêt donc une importance capitale, car elle est l’un des facteurs essentiels dans la détermination de la stratégie de l’entreprise. Ces constations mettent en évidence un objectif stratégique : le concept d’efficience relatif à la gestion de l’Information. Nous allons découvrir dans les paragraphes qui suivent que le concept à prendre en considération à ce stade, dans une entreprise, est la Business capabilities.
Comprendre les Business capabilities
Les « Business capabilities » deviennent de plus en plus nécessaires à la modélisation des dépendances dans une entreprise. Elles sont présentes de manière explicite dans différents frameworks comme TOGAF, ARCHIMATE, BIZBOK et CHAMPS2, voire de manière implicite dans COBIT 5 (notion d’enabler) et IT4IT (functional component).
Toutefois l’inconvénient de l’utilisation des Business Capabilities est leur niveau d’abstraction difficile à appréhender pour les non-architectes. Ils sont souvent confondus voire assimilés à des processus, à des fonctionnalités … Nous allons donc essayer dans ce chapitre de les démystifier et surtout, de comprendre toute leur importance dans l’analyse d’une architecture d’entreprise, de voir comment les utiliser dans nos communications avec le métier.
Commençons dans un premier temps, par trouver un nom en français pour désigner les Business Capabilities.
En français, de manière intuitive, lorsque nous entendons « capabilities », on pense au terme « capacité ». Nous allons donc, respecter cette intuition en traduisant une « Business capabilities » par « capacité métier ». Toutefois, cette traduction n’est évidemment pas correcte. Car le sens qui lui en serait donné est « être capable de » ou encore « être performant ». Or, une business capability décrit non seulement la capacité de l’entreprise (en ce compris sa performance), mais aussi sa capacité à répondre à des besoins spécifiques du marché et à offrir de la valeur à ses clients. Donc traduire Business par métier pourrait sembler réducteur . Ce n’est pas là, la signification attendue du concept « Business Capabilities ». Ce concept englobe donc des aspects stratégiques, opérationnels et ressources (par exemple technologiques) de l’entreprise.
Pour clarifier le concept des capacités métiers, voici un exemple spécifique au secteur bancaire. Prenons la capacité métier « gestion des commandes ». Cette capacité se traduit par la faculté (aptitude à) de traiter et coordonner les demandes d’achat, de vente ou d’échange d’instruments financiers. Ceci est la traduction de la définition du BIAN pour la capacité métier Order management, disponible en cliquant ici. Elle est une discpline essentielle pour le bon fonctionnement des opérations bancaires. Cette définition, conformément au Banking Industry Architecture Network (BIAN), englobe à la fois les aspects stratégiques et opérationnels, tels que la mise en place de transactions financières et leur gestion efficace. Pour explorer davantage les capacités métier du secteur bancaire, vous pouvez consulter le portail BIAN Architecture overview Portal v.11.0.
Voici ce que nous attendons comme sens d’une capacité métier :
| Une capacité métier est une discipline que le métier peut mettre en œuvre pour atteindre ses objectifs stratégiques et assumer ses responsabilités. |
Dans d’autres définitions, le terme ‘discipline’ est remplacé par ‘aptitude’.
Voyons en détail chacun des mots-clés, afin de percevoir l’importance du concept :
- Discipline : La discipline représente les pratiques d’un métier. Elle est la réponse aux questions « Quelle est la particularité d’un métier ? », « Pourquoi lui et pas un autre ? ». C’est ici que nous nous approchons de l’existence ou la raison d’être d’un métier au sein d’une entreprise.
- Objectifs : Les objectifs d’un métier devraient toujours être en lien (Directement ou indirectement) avec la satisfaction du client (de l’entreprise – lien avec le Business model) ou dans son intérêt.
- Responsabilités : Les responsabilités d’un métier sont ses responsabilités vis-à-vis des autres métiers (pour atteindre les objectifs globaux de l’entreprise) qui en sont dépendant. Ici, on vise surtout l’utilité et plus précisément la responsabilité d’un métier à continuer d’être utile vis-à-vis des autres au sein de l’entreprise qui en sont dépendants.
Nous verrons dans d’autres article que répondre à ces définitions revient à modéliser les capacités métier … et inversement. C’est pourquoi l’analyse des capacités métier est la porte d’entrée à l’étude de la performance d’un métier. Mais elle n’en est pas cette étude. Toutes les incohérences du métier pourront être abordées et étudiées sur base de ses capacités.

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